Mairie de Saint-Ismier
Interview de Menno Houtstra, de l’association RebelFarmer, porteur du projet en partenariat avec la commune de Saint Ismier et le Lycée Horticole.
Pourquoi avoir lancé ce projet en 2010 ?
Il n’y a pas de jardin solidaire sans volonté politique ! La région Rhône-Alpes a mis en place un ambitieux programme de développement de jardins partagés. Nous avons donc répondu à un appel d’offre et obtenu une aide financière régionale sur présentation d’un dossier. Mais l’argent ne suffit pas. Notre association a mis à disposition deux ismérusiens qui se sont investis à fond dans ce projet. Petit à petit, les adhérents, les amis sont venus les rejoindre et ont apporté leur aide dans l’aménagement du jardin.
Et au niveau local, quels autres partenaires se sont impliqués dans ce projet ?
La commune de Saint-Ismier nous a apporté un soutien constant ainsi que le Lycée Horticole de Saint-Ismier pour la partie technique et la mise à disposition du terrain. Ceux-ci répondent toujours présents quant à l’organisation d’animations et autres activités collectives en lien avec le jardin et respectueuses de l’environnement (bistrot-jardin, atelier compostage, atelier culinaire, atelier apiculture, sensibilisation à l’utilisation du Bois Raméal Fragmenté, etc).
Quelles différences y a-t-il entre ce jardin solidaire et les jardins ouvriers de nos grands-parents ?
Il s’agit d’une expérience unique dans la vallée. Un jardin solidaire c’est avant tout un jardin potager collectif avec des espaces où l’on jardine en commun, espaces de partage qui permettent de créer ou renforcer des liens sociaux et d’échanger des savoirs entre jardiniers amateurs. Le jardin comporte certes aussi des parcelles individuelles (25, 50 ou 100m2) placées les unes à côté des autres mais non grillagées.
Qu’est-ce qui distingue cette initiative de celles lancées, par exemple, dans les communes avoisinantes ?
C’est très simple, en un mot : le BIO !
Tous les adhérents au jardin solidaire respectent les principes de l’agriculture biologique. D’ailleurs, l’appui de la Région, de la Commune et du Lycée Horticole était conditionné au respect de cette clause.
Mais encore, qu’est-ce que cela signifie concrètement ?
L’un des enjeux essentiels est de recréer un sol vivant et sain. En général, le sol de la vallée manque énormément d’humus qui se trouve être la principale source de nutriments pour les plantes. Afin de récréer ce type de litière forestière, nous apportons régulièrement du broyat de bois. Cette technique, dite du ‘Bois Raméal Fragmenté’, permet de limiter la pousse de « mauvaises herbes » et maintient l’humidité du sol en été !
Et les plants n’ont pas trop souffert de maladies ?
Non, nous n’avons pas trop à nous plaindre de ce côté-là : quelques salades mangées par des chenilles, lapins ou mulots, mais, en gros, les animaux à quatre pattes nous ont épargnés. Le problème viendrait plutôt des animaux à deux pattes !! Mais, grâce à la vigilance quotidienne de nos adhérents et à la gendarmerie, nos voleurs sont moins présents !
Quelles catégories de personnes participent à ce jardin ?
Ce sont des femmes et des hommes âgées de 30 à 60 ans, avec ou sans enfants. Qu’ils viennent de Saint-Ismier ou de villages alentours, tous sont porteurs de valeurs positives telles le développement du lien social, la protection de l’environnement et la promotion d’une alimentation saine.
Comment fait-on pour rejoindre ce jardin solidaire ?
Très simple. Il suffit de contacter l’association par email :Menno Houtstra, Métilde Wendenbaum : rebelfarmer@hotmail.com . Voir aussi www.rebelfarmer.org