Adresse : parc de la mairie

 

La propriété Le Clos Faure, qui abrite aujourd’hui la mairie de Saint-Ismier, existait déjà sous le règne de François Premier. De nombreuses familles de notables ont vécu en ces lieux. Outre les bâtiments eux-mêmes, d’autres témoignages de leur passage subsistent encore notamment une statue de la Vierge Marie implantée dans le parc très vraisemblablement en 1881.

 

Dans la seconde moitié du 19ème siècle, on assiste en France à un mouvement de renouveau du culte porté à la Vierge Marie, figure majeure de la foi catholique, certainement lié à plusieurs récits d’apparitions mariales dont certaines ont été reconnues par l’église. Ainsi, à partir des années 1860, des statues monumentales de la Vierge Marie ont été érigées au Puy en Velay, à Lyon, à Marseille et, plus près de chez nous, à Grenoble (Notre-Dame-d’en-Haut aujourd’hui enlevée) et à Voiron (Notre-Dame-de-Vouise).     

 

Dans ce mouvement général la famille Faure, propriétaire du domaine depuis 1779, fait ériger dans le parc une statue s’inspirant de celle du Puy en Velay. Celle-ci représente la vierge, posée sur un demi globe terrestre, la tête ceinte d’une couronne d’étoiles, le pied droit écrasant la tête d’un serpent, symbole religieux de la victoire du bien sur le mal. Elle porte l’enfant sur son bras droit contrairement à la tradition iconographique de cette époque. En effet, le commanditaire de la statue du Puy en Velay souhaitait que l’enfant soit représenté bénissant la ville. C’est ainsi que le sculpteur, Jean-Marie Bonnassieux, premier grand prix de Rome, décida de positionner l’enfant du côté droit afin d’éviter que le visage de la mère soit occulté par le bras de l’enfant.

 

La similitude entre les deux statues s’arrête là… La statue du Clos Faure mesure 2,50 mètres alors que celle du Puy en Velay atteint 22 mètres. La statue du parc est composée de plusieurs pièces en tôle assemblées par des rivets tandis que celle du Puy a été réalisée en fonte coulée à partir des canons pris à l’ennemi lors de la chute de Sébastopol qui a mis fin à la guerre de Crimée le 8 septembre 1855, jour de la fête de la nativité de la vierge selon la liturgie catholique.

 

 

Certains habitants se souviennent qu’à l’occasion des cérémonies religieuses du 15 août la famille Faure ouvrait son parc à la procession qui partait de l’église et cheminait jusqu’à la statue.

 

La propriété s’étendait alors jusqu’à la route départementale 1090 puis elle a été morcelée et vendue en 1973. La commune a acquis la bâtisse ainsi que la partie attenante du parc grâce, notamment, à la participation financière des habitants. Le reste du parc a fait l’objet d’une opération immobilière "La Fontaine Amélie".

 

Ainsi, la statue fait partie du "petit patrimoine" de la commune qui, à ce titre, doit assumer son entretien. Une rénovation a été effectuée en 2016 : les parties disparues au fil des années (étoiles, tête du serpent) ont été confectionnées et replacées par un dinandier. Ensuite, en s’appuyant sur des témoignages ainsi qu’une photo datant des années 1990, l’ensemble a été repeint et recouvert d’une patine dorée.